Ce que couvre la gestion financière BTP
La gestion financière BTP ne ressemble à aucune autre. En effet, un chantier peut être rentable sur le papier et ne rien rapporter à l’arrivée. Entre l’acompte encaissé au démarrage et le solde réglé six mois après la réception, il se passe beaucoup de choses que la comptabilité annuelle ne montre qu’une fois l’exercice clos.
Ainsi la gestion financière BTP consiste à suivre ces mouvements au fil de l’eau, pour les artisans et PME de Toulouse, de la Haute-Garonne et de l’Occitanie. Retrouvez l’ensemble de nos services administratifs BTP.
Les six volets de la gestion financière BTP
Établissement mensuel selon l’avancement réellement validé par le maître d’œuvre, application du taux de retenue et du compte prorata, envoi dans les délais prévus au marché.
Or une situation partie le 8 au lieu du 1er décale l’encaissement d’un mois entier, sans rattrapage possible. Nous tenons ce calendrier chantier par chantier, avec les pièces justificatives attendues par le client.
Ensuite, en marché public, chaque situation passe par Chorus Pro avec les mentions obligatoires. Une référence de marché erronée suffit à faire rejeter le dépôt, et le délai de paiement repart de zéro.
Enfin, nous gérons aussi les avenants : un travail supplémentaire non chiffré avant exécution ne se facture pratiquement jamais après.
Trois flux se croisent sur un même chantier : ce que vous facturez, ce que vos fournisseurs vous facturent, et ce que vos sous-traitants réclament.
Ainsi nous rapprochons les trois, y compris les demandes de paiement direct soumises à agrément. Le jour où un sous-traitant conteste, le dossier est complet et daté.
Ensuite, côté fournisseurs, nous contrôlons les écarts entre le bon de commande, le bon de livraison et la facture. Une erreur de quantité sur un lot de matériaux passe inaperçue si personne ne rapproche les trois documents.
Par ailleurs, nous suivons les échéances de règlement pour éviter les pénalités de retard, qui s’ajoutent silencieusement au coût du chantier.
Relance amiable à échéance, deuxième niveau à quinze jours, puis mise en demeure avec intérêts de retard et indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 €.
En pratique, nous graduons selon la relation commerciale, parce qu’un client de dix ans ne se relance pas comme un chantier ponctuel. Vous êtes prévenu avant chaque passage au niveau supérieur.
Ainsi chaque relance est tracée, datée et archivée. Si le dossier part au contentieux, votre avocat dispose d’un historique complet plutôt que de souvenirs approximatifs.
Enfin, sur les marchés publics, les intérêts moratoires sont dus de plein droit passé le délai. Beaucoup d’entreprises ne les réclament jamais.
Trois signaux qui reviennent souvent
Vous répondez au téléphone
Un client appelle pour savoir où en est sa facture, et vous devez ouvrir trois dossiers avant de répondre. Le suivi n’est plus dans un outil, il est dans votre tête.
Vous décidez au ressenti
Accepter un chantier, embaucher, acheter un véhicule : ces arbitrages se prennent sans chiffre sous les yeux, uniquement sur l’impression que ça passe.
Vous découvrez au bilan
Votre expert-comptable vous annonce le résultat six mois après la clôture. À ce stade, plus rien n’est corrigeable sur l’exercice écoulé.
Préparation comptable et facturation électronique
Encaissements attendus, échéances fournisseurs, échéances sociales et fiscales sur un même plan glissant à trois mois.
Du coup, vous voyez venir un creux trois semaines à l’avance, ce qui laisse le temps de relancer un client, de décaler un achat ou d’appeler la banque. Pas le matin où le prélèvement passe.
Par ailleurs, nous suivons aussi la rentabilité par affaire : dépenses engagées face au budget prévu, chantier par chantier. Un dérapage se repère au troisième mois, pas au bilan de l’année suivante.
Enfin, le tableau de bord tient sur une page et se lit en cinq minutes.
Classement des pièces par affaire, contrôle des justificatifs manquants, transmission mensuelle au cabinet dans le format qu’il attend.
En effet, votre expert-comptable produit le bilan, la liasse fiscale et les déclarations. Nous lui donnons de quoi le faire sans relancer personne, ce qui raccourcit aussi ses délais et limite les honoraires de saisie.
Ainsi nous rapprochons les relevés bancaires des factures émises et reçues, et nous signalons les écritures sans justificatif avant qu’elles ne deviennent un problème.
Dès lors, à la clôture, le dossier est prêt. Plus de semaine perdue à retrouver des tickets dans une boîte à chaussures.
Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise assujettie à la TVA doit pouvoir recevoir ses factures au format électronique. L’émission suit au 1er septembre 2027 pour les TPE et PME.
Concrètement, nous vérifions que votre logiciel sort du Factur-X, UBL (format de chorus pro) ou CII conforme, nous raccordons la plateforme agréée et nous testons avec un vrai client avant l’échéance.
Or le bâtiment est plus exposé que d’autres secteurs : les situations de travaux, les retenues et les comptes prorata supportent mal un format mal paramétré.
Le sujet est détaillé sur notre page facturation électronique BTP.
Pourquoi la trésorerie du bâtiment est si tendue
D’abord, une entreprise du bâtiment avance presque toujours de l’argent. Elle achète les matériaux, paie les salaires et règle ses sous-traitants avant d’encaisser la moindre situation.
Ainsi ce décalage structurel explique pourquoi tant de sociétés rentables se retrouvent à découvert. En effet, le carnet de commandes est plein, le résultat est bon, mais le compte est vide au moment de payer les charges du trimestre.
Trois mécanismes aggravent la situation.
D’abord la retenue de garantie, qui immobilise cinq pour cent du marché pendant un an. Ensuite les délais de paiement, souvent tenus en privé mais plus longs qu’annoncé en public. Enfin les avenants oubliés représentent du travail réalisé et jamais facturé.
Or aucun de ces trois points ne se règle par la comptabilité, qui arrive après. Ils se règlent par un suivi tenu au mois, chantier par chantier.
Gestion financière BTP : le cycle d’un chantier
Prenons un chantier de rénovation à 80 000 € HT, cinq mois de travaux, client privé. Voici quand l’argent entre réellement.
Les six jalons de paiement
Gestion financière BTP : public ou privé
D’abord, les règles de paiement n’ont rien à voir. En marché public, le délai est de trente jours, porté à cinquante pour les établissements publics de santé et à soixante pour certaines entreprises publiques. Passé cette date, les intérêts moratoires courent de plein droit, sans mise en demeure, au taux de la Banque centrale européenne majoré de huit points, plus quarante euros par facture. Toute renonciation à ces intérêts est réputée non écrite.
En gestion financière BTP privée, le délai se négocie au contrat. Sans clause, il est de trente jours. Avec clause, soixante jours à compter de l’émission de la facture, ou quarante-cinq jours fin de mois. Or beaucoup d’entreprises signent sans le lire, puis découvrent qu’elles ont accepté des conditions défavorables sur toute la durée du chantier. Le quarante-cinq jours fin de mois est le plus coûteux, parce qu’il peut dépasser soixante jours réels selon la méthode de calcul retenue.
Ensuite, la garantie de paiement, elle, change tout. Sur un marché privé dépassant douze mille euros hors taxes, acomptes déduits, le maître d’ouvrage doit garantir le paiement de l’entrepreneur : versement direct des fonds par la banque s’il a souscrit un crédit spécifique, cautionnement solidaire sinon, sauf autre garantie prévue au contrat. Tant que rien n’est fourni et que les travaux exécutés restent impayés, l’entreprise peut suspendre le chantier après une mise en demeure restée sans effet quinze jours.
Ce droit vient de l’article 1799-1 du Code civil, créé par la loi du 10 juin 1994, il est d’ordre public, et il reste largement ignoré. Son application aux chantiers réalisés pour un particulier en dehors de toute activité professionnelle s’apprécie au cas par cas.
Ainsi nous vérifions ces clauses avant signature et nous réclamons ce qui est dû. Un intérêt moratoire se réclame encore quatre ans après en marché public, cinq ans en privé. Un décompte général signé sans réserve, lui, ne se rattrape pas.
L’avenant, ce qu’on oublie de facturer
Sur un chantier de rénovation, les modifications sont la règle et non l’exception. En pratique, le client demande une prise supplémentaire, déplace une cloison, change un revêtement.
Or ces demandes se font oralement, sur le chantier, entre deux portes. Le compagnon exécute, personne ne chiffre, et le travail disparaît dans le forfait initial.
Du coup, en fin de chantier, l’entreprise réalise qu’elle a livré cinq à dix pour cent de prestations en plus sans les avoir facturées. Ensuite, réclamer devient délicat, parce que le client considère la chose acquise.
Notre règle en gestion financière BTP est simple : tout écart au devis initial fait l’objet d’un avenant chiffré et signé avant exécution. Cela évite le débat, et cela préserve la relation commerciale.
Savoir quel chantier gagne de l’argent
Une entreprise du bâtiment connaît son résultat annuel, mais rarement sa marge chantier par chantier. En effet, le bilan arrive six mois après la clôture, quand il est trop tard pour corriger quoi que ce soit.
Pourtant les écarts entre affaires sont considérables. Or le même type de chantier peut dégager vingt pour cent de marge chez un client et rien du tout chez un autre, selon les aléas, les reprises et le temps passé en coordination.
Concrètement, nous suivons les dépenses engagées face au budget prévu, affaire par affaire. Ensuite, matériaux, heures, sous-traitance et location de matériel entrent dans le calcul au fil de l’eau.
Dès lors, un dérapage se repère au troisième mois du chantier, pas au bilan de l’exercice suivant. Et surtout, le devis du chantier d’après tient compte de ce qui s’est réellement passé sur le précédent.
Le même chantier, deux suivis différents
80 000 €
encaissés sur 22 mois
- Acompte demandé trois semaines après le démarrage
- Deux situations sur cinq envoyées en retard
- Réserve levée sans PV, solde bloqué six semaines
- Travaux supplémentaires non chiffrés
- Retenue réclamée après relance du comptable
84 500 €
encaissés sur 18 mois
- Acompte appelé le jour de la signature
- Cinq situations émises le 1er du mois
- PV de réception et levée de réserves écrits
- Avenants chiffrés avant exécution
- Retenue réclamée à la date anniversaire
Le suivi de trésorerie et le reporting sont inclus dans le forfait Pilotage BTP. Voir les tarifs et forfaits.
Nous accompagnons les entreprises du bâtiment de Tournefeuille, Portet-sur-Garonne, Plaisance-du-Touch et de sept autres communes. Voir toutes nos zones d’intervention.
